1[+] Συμπ[ά-]
2τιον πα-
3[τ]ρίκιον σκ-
4έπε Λόγε
5[Θ]εοῖο
6+ Ἡ Παρ-
7[θ]ένος σοι
8τῷ ἀνθυ-
9πάτῳ φύ-
10λαξ
+ Συμπάτιον πατρίκιον σκέπε Λόγε Θεοῖο / + Ἡ Παρθένος σοι τῷ ἀνθυπάτῳ φύλαξ.
Parole de Dieu protège Sympatios, patrice. Vierge, tu gardes l'anthypatos.
La pièce parallèle inédite de la collection Zacos s’achève au revers par une ligne de fleurons affrontés , détruite ici par le passage du canal, mais cet ornement se devinerait peut-être sur notre exemplaire aussi, au sommet du champ. Chaque invocation forme une phrase complète, indépendante de l’autre, ce que souligne la rupture grammaticale. La croisette initiale subsiste au revers, qui pourrait marquer le début de la double légende, plaçant en tête la Vierge. Cependant, cette face a porté une riche ornementation, absente du droit, qui a pu aussi débuter par une simple croisette. Les lettres rondes sont nettement bouletées. La forme ancienne Θεοῖο pour le génitif Θεοῦ se justifie pour des raisons de métrique. On note également, sur l’autre face, le rare Ϊ indiquant le iota souscrit de la lettre précédente (ῳ). Il faut comprendre que Symbatios se plaçait simultanément sous la protection du Christ, « Verbe de Dieu » et de la Vierge. Ce personnage, d’origine arménienne d’après son nom, servait au temps de Basile II à un très haut niveau, compte tenu des dignités que l’empereur lui avait octroyées. Le nom est assez banal dans le Caucase. Toutefois, en 998, un Symbatios magistre, fils de Vahram Bahlavouni, est mentionné comme l’un des chefs de l’armée envoyée par Kakikios (Gagik) d’Ani pour seconder les troupes de David le curopalate, attaquées par l’émir d’Azerbaïdjan [1]. Le sceau aura pu appartenir à ce noble arménien avant qu’il ne fût élevé à la dignité immédiatement supérieure de magistre. Cette remarque reste une hypothèse.
[1]. Étienne Asolik de Taron, Histoire Universelle, traduite de l’arménien et annotée par F. Macler, Paris 1917, p. 156.